English

La température et l’humidité

La lumineuse architecture de la cathédrale Christ the Light présentait tout un défi quant au maintien de températures stables dans les différentes sections de l’orgue.

Il est impératif de surveiller la température ambiante d’un lieu et sa stabilité : c’est la condition fondamentale pour qu’un orgue demeure accordé dans toutes ses composantes. Il sonnera à son meilleur aussi longtemps qu’il restera à la température à laquelle il a été accordé, considérée comme la «température de base». Selon nos recommandations, celle-ci devrait être réglée à 70°F ou 21°C (+ ou -2°) plusieurs heures avant le début d’un accord. Tout changement doit être fait graduellement, avec des écarts d’un maximum de 2°F par heure; la température de l’instrument restera décalée de celle de l’édifice pendant plusieurs heures avant de la rattraper. En bref, l’espace qui abrite l’orgue doit retourner à la température de base plusieurs heures avant que l’orgue ne soit entendu.

Par exemple, pour un accord prévu un vendredi, le réchauffement ou le refroidissement de l’espace doit commencer une journée plus tôt afin que, peu à peu, les conditions désirées soient atteintes, suivies d’une période de stabilité. Dans la mesure où on peut la contrôler, la température ne devrait jamais descendre sous les 60°F (15,5°C), ni grimper au-dessus de 80°F (26,5°C), ce qui ne signifie pas qu’elle doive être maintenue égale en tout temps; les conditions peuvent varier le soir ou à d’autres moments où l’édifice est vacant, ce qui permet de réaliser des économies.

Une fente dans la base d’un vieux tuyau
de bois causée en partie par des variations
d’humidité; les tuyaux de bois de Létourneau
sont conçus pour compenser les déformations
naturelles de ce matériau.

L’orgue s’accommode de conditions d’humidité relative entre 35 et 75 %, avec des variations occasionnelles au-delà de ces limites. Par contre, il faut viser des taux situés entre 45 et 50 %, donc un écart plus mince, pour assurer une meilleure stabilité de l’accord. Encore une fois, il importe d’effectuer des changements de manière progressive pour donner le temps aux nombreuses composantes en bois de l’instrument de s’adapter. À ce chapitre, il en va de l’orgue comme de n’importe quel meuble en bois, incluant les pianos.

Enfin, quand on planifie des modifications au système de chauffage, de ventilation et de conditionnement d’air (CVCA) ou son remplacement, il convient de s’assurer que l’orgue n’est jamais exposé à des poussées d’air. Un appareil qui souffle de l’air chaud ou froid directement sur les tuyaux altère leur accord et les fait sonner faux comparé au reste de l’instrument; pour cette raison, il doit en être éloigné le plus possible. Nous croyons donc que tous les conduits et les grilles de CVCA dans le voisinage de l’orgue devraient plutôt être employés pour des retours d’air, favorisant ainsi une bonne circulation.


« Précédent: L’acoustique du lieu et l’emplacement